Perpignan : Aubry cible Aliot et lance la campagne des municipales

Everythiiing

Jan 17, 2026 • 3 min read

Manon Aubry et Mickaël Idrac lors d'une réunion publique à Perpignan pour les élections municipales de 2026.

PERPIGNAN – La campagne des élections municipales de 2026 à Perpignan prend déjà une tournure nationale. Ce vendredi 16 janvier 2026, Manon Aubry, eurodéputée La France Insoumise (LFI), a fait le déplacement pour soutenir activement la liste « Perpignan Changez d’air », portée par Mickaël Idrac, fruit d’une alliance entre LFI, Les Écologistes et Génération.s. Devant une salle des Libertés comble, l'élue de gauche radicale a livré une attaque frontale contre le maire sortant, Louis Aliot (RN), et a critiqué la division de la gauche locale.

Une offensive contre l'extrême droite locale

L'arrivée de Manon Aubry à Perpignan n'est pas anodine. Pour elle, la cité catalane est un symbole de la montée de l'extrême droite, une réalité qu'elle connaît bien, venant elle-même de Fréjus. « Ces élections seront déterminantes pour Perpignan qui vit sous le joug de l'extrême droite », a-t-elle martelé lors de cette réunion publique rassemblant près de 180 personnes.

Le quartier Saint-Jacques, illustration d'une politique contestée

L'eurodéputée a mis en lumière la situation du quartier Saint-Jacques, qu'elle a visité. Elle y dénonce l'utilisation des fonds publics : « L'argent public est utilisé non pas pour rénover des bâtiments, mais pour chasser les habitants de chez eux. » Elle critique une politique du logement social qui, selon elle, pousse les habitants à partir plutôt que de leur permettre de « vivre et de bien vivre, y compris avec une vie sociale et associative ». La fermeture d'une association locale faute de subventions a été citée comme exemple de la ligne politique menée par Louis Aliot, assimilée à la stratégie nationale du Rassemblement National (RN).

Des ambitions claires face à un maire bien installé

Malgré le score de Louis Aliot, crédité de 43 % au premier tour des précédentes élections, les ambitions de la liste Insoumise sont claires : entrer au conseil municipal et, à terme, « gagner la ville ». Manon Aubry a rappelé que la liste menée lors des européennes, qui incluait Mickaël Idrac, était arrivée en deuxième position à Perpignan, prouvant une assise significative pour la mouvance insoumise.

L'éthique contre le bilan judiciaire

Pour convaincre les électeurs de dépasser le score actuel de l'extrême droite, Manon Aubry a choisi un angle d'attaque personnel et politique contre le maire sortant. « Durant son mandat, Louis Aliot a passé plus de temps dans les palais de justice que dans sa mairie », a-t-elle lancé, sous les applaudissements de l'assemblée. Cette pique vise à opposer l'éthique à une gestion perçue comme détournée par les préoccupations judiciaires. « Je pense que les Perpignanais peuvent espérer mieux. Et surtout espérer que l’éthique l’emporte davantage que sur le fric. »

La gauche désunie face au défi

Un des principaux défis pour l'opposition à Perpignan réside dans la multiplication des candidatures à gauche. Trois listes de gauche devraient s'affronter : celles de Mathias Blanc, Agnès Langevine et Mickaël Idrac. Cette fragmentation inquiète quant à sa capacité à créer une alternative crédible face à Louis Aliot.

Critiques acerbes envers le Parti Socialiste

Manon Aubry n'a pas ménagé ses critiques envers le Parti Socialiste (PS), accusé de nuire à l'unité de la gauche. « Manifestement, il y a quasiment autant de listes autour du Parti socialiste, qu’il n’y a d’adhérents au Parti socialiste dans cette ville. Ils ne sont même pas capables de se mettre d’accord entre eux. » Elle a également rappelé leur positionnement national, notamment leur refus de censurer François Bayrou et Sébastien Lecornu, suggérant que la politique locale n'est jamais décorrélée des enjeux nationaux.

Le budget 2026 : un marqueur de la rupture

Interrogée sur l'accusation selon laquelle LFI aurait saboté le vote du budget 2026, l'eurodéputée a fermement défendu la position insoumise. Elle a dénoncé un budget qui, selon elle, pénalise les plus modestes au profit des plus riches. « Comment peut-on accepter un budget qui, à aucun moment, ne va aller prendre du côté des plus riches ? » s'est-elle indignée, pointant l'absence de mise en place de la taxe Zucman (sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros) et des coupes annoncées dans les APL et les allocations familiales, ainsi que la suppression de 4 000 postes d'enseignants au niveau national, impactant directement les Pyrénées-Orientales.

Pour LFI, le PS est devenu « la bouée de sauvetage du macronisme », incapable de défendre une ligne sociale cohérente. Alors que la campagne des municipales s'installe, la visite de Manon Aubry confirme que Perpignan sera un champ de bataille idéologique majeur, opposant l'extrême droite à un front de gauche déterminé, mais fragmenté.

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